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Le Lais je původní název francouzské básnické skladby, jejímž autorem je François Villon. Dochovala se v pěti rukopisech z konce 15.století pod různými názvy (většinou jako „Závěť“ - sám autor byl ovšem proti tomuto názvu). Pojmenování Malá závěť nebo Malý Testament se u nás používá proto, že pod tímto názvem byla Villonova prvotina chybně přeložena do češtiny a slovenštiny a název se již vžil. Tato básnická skladba obsahuje 40 osmiveršových slok, čili 320 veršů. Vznikla jako dílo jeho „ztřeštěného mládí“ v zimě roku 1456, pravděpodobně krátce před vyloupením teologické fakulty, na němž se Villon podílel.
L'an quatre cent cinquante et six,
Je, Francois Villon, écolier,
Considérant, de sens rassis,
Le frein aux dents, franc au collier,
Qu'on doit ses oeuvres conseillier
Comme Végece le raconte,
Sage romain, grand conseillier,
Ou autrement on se mécompte…
En ce temps que j'ai dit devant,
Sur le Noel, morte saison,
Que les loups (se) vivent de vent
Et qu'on se tient en sa maison,
Pour le frimas, prés du tison,
Me vint un vouloir de briser
La tres amoureuse prison
Qui souloit mon coeur débriser.
Je le fis en telle facon,
Voyent celle devant mes yeux
Consentant a ma défacon,
Sans ce que ja lui en fut mieux;
Dont je me deuil et plains aux cieux,
En requérant d'elle vengeance
A tous les dieux vénérieux,
Et du grief d'amour allégance.
Et se j'ai pris a ma faveur
Ces doux regards et beaux semblants
De tres décevante saveur,
Me trépercant jusques aux flancs,
Bien ils ont vers moi les pieds blancs
Et me faillent au grand besoin.
Planter me faut autres complants
Et frapper en un autre coin.
Le regard de celle m'a pris
Qui m'a été félonne et dure:
Sans ce qu'en rien aie mépris,
Veut et ordonne que j'endure
La mort, et que plus je ne dure;
Si n'y vois secours que fouir.
Rompre veut la vive soudure,
Sans mes piteux regrets ouir!
Pour obvier a ces dangers,
Mon mieux est, ce crois, de partir.
Adieu! Je m'en vais a Angers:
Puis qu'elle ne me veut impartir
Sa grace, ne la me départir,
Par elle meurs, les membres sains;
Au fort, je suis amant martyr
Du nombre des amoureux sains.
Combien que le départ me soit
Dur, si faut-il que je l'élogne:
Comme mon pauvre sens concoit,
Autre que moi est en quelogne,
Dont oncque de Boulogne
Ne fut plus altéré d'humeur.
C'est pour moi piteuse besogne:
Dieu en veuille ouir ma clameur!
Et puisque départir me faut,
Et du retour ne suis certain,
- Je ne suis homme sans défaut
Ne qu'autre d'acier ne d'étain;
Vivre aux humains est incertain,
Et apres mort n'y a relais;
Je m'en vais en pays lointain -
Si établis ce présent lais.
Premierement, ou nom du Pere,
Du Fils et du Saint Esprit,
Et de sa glorieuse Mere,
Par qui grace rien ne périt,
Je laisse, de par Dieu, mon bruit
A maitre Guillaume Villon,
Qui en l'honneur de son nom bruit,
Mes tentes et mon pavillon.
Item, a celle que j'ai dit,
Qui si durement m'a chassé
Que je suis de joie interdit
Et de tout plaisir déchassé,
Je laisse mon coeur enchassé,
Pale, piteux, mort et transi:
Elle m'a ce mal pourchassé,
Mais Dieu lui en fasse merci!